Voyage 2006
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
La couturière est arrivée et a commencé à couper les robes que Marita fait faire pour les danses philippines.
Le ciel commence vraiment à s’assombrir, la ligne de crête des collines qui nous font face a presque disparue dans la brume et il fait chaud et humide. On se sent collant et on a beau se doucher, la sensation de fraîcheur ne dure pas longtemps.
Le typhon est arrivé plus tôt que prévu. Les ouvriers ont dû abandonner le travail alors qu’à peine la moitié du toit est couvert. La chambre est inondée, heureusement que nous avions tout enlevé. Il nous faut colmater la porte qui communique avec le reste du bungalow. Des trombes d’eau s’abattent sur nous. J’avais déjà connu des typhons mais celui là me semble particulièrement important. Peut être est-ce parce que nous ne sommes pas dans une maison en dur. La bâche qui recouvre la serre que nous venons de construire est emportée, je ne sais pas ce que vont devenir mes jeunes salades et mes tomates. Notre toit de chaume semble résister mais pour combien de temps. Les éclairs sont impressionnants et le tonnerre fait trembler la maison. Soudain plus de courant. Il fait nuit noire. Heureusement que nous avons pensé à emporter une lampe à piles. L’étanchéité de notre toit n’est plus ce qu’elle était, des gouttes commencent à tomber. Nous essayons de tout mettre à l’abri de l’eau et nous nous préparons à évacuer si les choses tournent au pire. Vers 21h l’orage semble s’éloigner. Il pleut toujours mais avec moins de force. Nous décidons d’aller nous coucher. C’est alors que nous nous rendons compte qu’il y a une gouttière au-dessus de notre lit et que ce dernier est mouillé. Il faut changer les draps et retourner le matelas et déplacer le lit. Tout est humide. Nous essayons de dormir car il n’y a rien d’autre à faire. L’orage s’éloigne peu à peu.
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Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Nous sommes réveillés très tôt. C’est le calme plat, le typhon est passé, autour de nous il y a des branches cassées et des bambous arrachés. Notre bungalow est très mouillé et nous allons transférer nos affaires dans celui de ma belle sœur qui a mieux résisté. Les ouvriers sont arrivés. Ils vont essayer de terminer le toit de la chambre dans la journée et de réparer les fuites sur le reste du bungalow.
Les salades et les tomates que nous venions de replanter ont beaucoup souffert. Je commence à comprendre les aléas de l’agriculture et ici il n’y a pas d’aides européennes pour aider les agriculteurs victimes de catastrophes naturelles. Je comprends aussi le pourquoi de la culture en pots.
Au loin, on aperçoit la brume qui se lève. Le soleil essaye de percer. Nous sommes moites. La journée va être difficile. Nous devions aller sur le terrain pour régler un problème de limite de propriété, mais le responsable municipal est venu en moto pour nous dire que cela n’allait pas être possible car la route est coupée par un glissement de terrain. Voilà, nous sommes donc bloqués ici jusqu’à ce que la situation se rétablisse.
La couturière est revenue travailler, les motos circulent, et la vie a repris comme s’il ne s’était rien passé. De temps à autre des nouvelles nous parviennent : La rivière a grossie et un carabao s’est noyé. Par moments le soleil apparaît mais est très rapidement caché par des nuages. Il fait très lourd et très humide.
Cet après midi nous sommes allés à Balasan pour consulter notre mail. La connexion n’était pas seulement très lente, parfois elle était inexistante et il fallait recommencer. Bref cela nous a pris 2 heures. Vers 17h retour à la maison.
Les ouvriers sont partis et le toit n’est toujours pas fini. Espérons qu’il ne pleuve pas.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
La nuit a été calme, il n’a pas plu. Mais depuis 6h ce matin une petite pluie fine tombe. Vers 10h le soleil apparaît et c’est soudain une chaleur humide débilitante qui nous envahit. Nous sommes collants et prenons douche sur douche, en vain. Nous passons la journée à la maison. Jimmy continue la construction de la serre, il fabrique les étagères sur lesquelles nous poserons les plantes. Je le regarde travailler, je n’ai pas le courage de lui donner un coup de main. Nous n’avons rien envie de faire. Ce soir de nouveaux nuages éclairent le ciel à l’horizon.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Au réveil nous sommes accueilli par un soleil généreux, je crois que cette fois ci le typhon est bien parti.
Les ouvriers sont déjà au travail sur le toit
Je jette un coup d’œil à mes plantations : quelques salades ont résisté et relèvent la tête. Les plans de tomates ont disparu.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Dans l’après midi nous sommes allés à Estancia pour acheter un rouleau de linoléum pour refaire les sols des bungalows et un sirop pour la toux Marita Jimmy et Maria n’arrêtent pas de tousser. Il faut dire qu’avec le typhon nous avons pas mal pris la pluie ne serais-ce que pour nous rendre d’un bungalow à l’autre. Quand il y a un typhon les parapluies sont inutiles, il faut courir le plus vite possible.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Les ouvriers sont arrivés comme chaque matin à 6h le toit est presque entièrement couvert dans une heure la pièce sera hors d’eau.
Une idée de la journée de travail d’un ouvrier ici :
Il embraye à 6h
8h30 pause de 15 minutes pour le petit déjeuner puis reprise du travail
12h pause repas d’une heure. Le repas est expédié en moins de 10 minutes puis c’est la sieste
13h reprise du travail jusqu’à 17h. Après 17h on ne peut plus travailler il commence à faire nuit.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Ici les ouvriers font des journées continues de 11 heures avec une pause d’1h15 et ceci du lundi au samedi pour un salaire de 250 pesos par jour soit 4 euros, le petit déjeuner et le repas de midi sont fournis
Les outils qu’ils utilisent sont rudimentaires, les conditions de sécurité feraient frémir un entrepreneur européen mais ils font un très beau travail.
Dans la matinée nous allons au marché à Batad acheter quelques légumes et quelques fruits. Cette année nous avons beaucoup moins de fruits que l’an passé dans le jardin. Il faut dire que le passage de trois typhons relativement importants n’a pas arrangé les choses.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
Aujourd’hui le ciel est voilé et le soleil ne fait que quelques timides apparitions aussi il fait plus frais pourvu que ce soit encore comme cela cet après midi car nous devons aller sur le terrain régler un problème de limite. Nous devions le faire la semaine dernière mais le typhon nous en a empêché.
Les ouvriers travaillent toujours sur notre bungalow. Ils retapissent tout l’intérieur avec des «amatongs » ; ce sont des sortes de nattes faites de fibres de bambou tressées qu’ils fixent sur des carrelets cloués sur les parois. Ils vont aussi refaire le revêtement de sol avec le linoléum que nous avons acheté mardi.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
A 13h30 Tony l’inspecteur des impôts, qui est aussi la personne qui connaît le mieux le terrain, vient nous chercher pour aller sur place essayer de régler le problème de limite de propriété. Le point à partir duquel nous pouvons déterminer une de nos limites est situé sur la partie la plus haute du domaine. Nous allons en voiture jusqu’à l'endroit le plus proche accessible par la piste puis il nous faut garer le véhicule et continuer à pied. Nous gravissons donc à flanc de coteau et sous le soleil la pente qui nous mène au sommet de la colline.
Arrivé là, une des bornes est indiscutable puisque c’est celle qui délimite trois barangays (communes) mais la seconde qui devrait être à une quinzaine de mètres de là a été déplacée et se trouve maintenant à 60 centimètres de l’autre. Tous les voisins le reconnaissent mais personne ne dit qui l’a déplacée. Il faut donc attendre que le géomètre refasse les calculs et détermine le point exact. Ce n’est qu’à ce moment là que nous pourrons déterminer la limite et planter des arbres en clôture pour éviter que cela ne se reproduise.
Tout le monde est autour de la borne et les discussions commencent.
Posté le 28.11.2007 par balikbayan
De ce point culminant où nous nous trouvons la vue est à couper le souffle. Elle s’étend jusqu’à la mer avec à nos pieds les rizières et à mi pente le barrage et le lac artificiel. Marita dit que c’est là qu’elle veut avoir sa maison. Tous la regardent un peu éberlués : il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas de chemin d’accès ; il nous a fallu plus de 30 minutes de marche depuis la route, il n’y a probablement pas d’eau non plus et en cas de typhon, ce qui est souvent le cas, la maison risquerait d’être emportée. Marita persiste; c’est là le lieu idéal.