A 10h30 nous quittons la maison et nous passons au supermarché acheter ce dont nous aurons besoin à la ferme et que nous ne pouvons pas trouver sur place. Vers 11h15 nous avons terminé nos achats que nous déposons dans la voiture et nous allons déjeuner dans un des restaurants de la galerie marchande. Nous sommes encore surpris des prix pratiqués. Nous prenons une soupe, une belle tranche d’espadon grillé, une cuisse de poulet grillée un bol de riz et un plat de légumes et notre addition s’élève à 130 pesos (2,10€). Par contre ce que nous avons du mal à comprendre lorsque nous allons au supermarché c’est de voir que de nombreuses personnes ont des notes qui s’élève à 4000 ou 5000 pesos et que le salaire journalier d’un maçon n’est que de 200 pesos par jour quand il travaille. Plus de 50% de la population des Philippines vit en dessous du seuil de pauvreté. D’après les statistiques du ministère de l’Emploi, sur une population active de 33,7 millions de personnes, 18,6 millions ont un emploi salarié à plein temps, les chômeurs sont 3,4 millions et 11,4 millions de travailleurs sont en sous-emploi. Lorsque nous étions à Boracay nous avons pu voir des philippins qui dépensaient rien qu’en hébergement journalier le salaire mensuel d’un enseignant. Combien de temps une pareille situation pourra t elle durer ?
Chaque fois que nous venons à Batad nous découvrons de nouvelles maisons en dur toujours sur le bord de la route afin qu’elles soient vues. Ce sont les maisons des travailleurs ; 1 million de travailleurs philippins quittent le pays chaque année. Il y a environ 11 millions de travailleurs à l’étranger soit 10% de la population des Philippines et les revenus provenant de ces travailleurs émigrés représente 10% du PNB du pays. C’est la 2ème ressource des Philippines
Ce départ massif de philippins est dû d’une part à la pression démographique. Les Philippines ayant une superficie de 300.439 km² et une population de 115 millions de personnes, cela fait une densité moyenne de 325 habitants. /km² concentrés sur les plaines du pays et les bandes côtières. Et d’autre part à la pauvreté économique des Philippines, due à une très mauvaise répartition des richesses du pays et à une corruption élevée au rang d’institution et qui touche toutes les classes de la société. J’ai dit la dernière fois lors d’une réunion de famille où l’on se plaignait de la corruption au niveau politique qu’ils étaient tous à la fois corrupteurs et corrompus, cela a jeté un froid mais n’est pas allé plus loin.
Vers 15h30 nous arrivons à la ferme où nous nous installons. En passant sur la route nous avons rencontré le barangay captain et nous lui avons demandé de passer nous voir.
Vers 12h, le barangay captain passe à la maison. Nous voulons exactement savoir ce qui s’est passé avec les rations de riz des enfants. Nous apprenons que le riz a été distribué aux enfants mais qu’il est resté 17 sacs non distribué. Cela représente les rations de riz des enfants qui ont quitté l’école en cours d’année. Ce riz était stocké dans la salle qui doit devenir la salle informatique. Le barangay captain qui est chargé de l’exécution des travaux a demandé à la directrice de déplacer le riz dans une autre salle de l’école. Un matin quelqu’un a vu une jeep quitter l’école avec un chargement de riz et a aussitôt prévenu la police qui a intercepté la jeep. Le chauffeur interrogé a dit qu’il transportait ce riz sur ordre de la directrice dans la maison de cette dernière. Le riz a été saisi par la police et la directrice interrogée. L’affaire a été transmise au tribunal qui doit statuer, un avocat lui a été commis d’office. Depuis la directrice n’est plus à l’école. Comme nous aimerions avoir sa version nous allons essayer de la rencontrer demain.