Posté le 26.01.2008 par balikbayan
10h nous avons rendez-vous avec notre avocat Leonardo Jiz, c’est un ami de mon beau père et de mon beau frère. C’est lui qui s’occupe du dossier qui nous oppose à la Banque de Développement des Philippines sur le problème du « resort » depuis plus de 20 ans. Cette fois c’est le dernier recours de la banque puisque nous sommes en Cour Suprême qui est l’équivalent de notre Cour de Cassation. Nous lui confions aussi un dossier dont nous n’arrivons pas à nous sortir : Marita possède un terrain d’environ 600m² à la plage. Une famille s’est installée dessus et a bâti une maison en dur. Lorsque nous nous en sommes aperçus, nous lui avons proposé de leur vendre le terrain pour une somme très modeste ¼ de sa valeur marché. Depuis trois ans le paiement est remis aussi aujourd’hui nous confions cette affaire à l’avocat qui lui ne fera pas de sentiment comme nous.
Puis l’avocat nous invite à déjeuner dans un restaurant au bord de la mer. Au menu : soupe de poisson, poisson grillé et chair de crabe sautée avec des tomates et des oignons le tout accompagné de jus de jeune coco. Puis il nous raccompagne à la maison. Nous n’avons toujours pas de voiture car ici les choses prennent du temps.
16h Roberto vient de revenir du contrôle technique, la voiture a passé avec succès le test de pollution et ça nous a coûté 400 pesos (7€) si ça n’avait pas été le cas il aurait suffit me dit-il de rajouter 200 pesos pour avoir le certificat. Et maintenant je comprends pourquoi la plupart des véhicules émettent des panaches de fumée noire en toute légalité.
Vers 17h30 Evelyne va venir nous chercher pour aller à un spectacle du Bayanihan. Le Bayanihan est la plus grande troupe nationale de ballets folkloriques du pays. Cette troupe crée par madame Kasilag il y a une trentaine d’années s’est produite dans la plupart des pays du monde. Nous avons eu l’occasion d’assister à une de leurs représentations au Théâtre de Sète il y a une vingtaine d’années. Elle sert de référence au groupe de danses folkloriques philippines créé par l’association franco-philippine en Languedoc Roussillon.
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Posté le 26.01.2008 par balikbayan
Nous quittons la ferme à 7h. Il y a beaucoup d’enfants sur la route car c’est l’heure où ils vont en classe. Il nous faut être particulièrement prudents vu que mon problème de frein n’est toujours pas réglé et qu’entre temps j’ai appris que la voiture n’était pas assurée et que le renouvellement de l’immatriculation n’a pas été fait non plus, nous avons trois semaines de retard. Tout ceci ne pourra se faire qu’à Iloilo.
Le voyage se passe sans encombre et vers 9h30 nous sommes à la maison à Iloilo. Nous téléphonons aussitôt à Roberto qui est la personne en charge de la voiture pour qu’il vienne chercher la voiture et qu’il fasse les formalités nécessaires. Il doit d’abord l’amener au contrôle technique pour le test de pollution, puis il ira payer l’assurance et il renouvellera l’immatriculation.
Après déjeuner nous nous rendons à Land Bank où nous avons rendez-vous avec le directeur. Nous lui racontons ce qui se passe à la ferme avec un de ses employés ainsi que les problèmes soulevés par sa façon de faire. Il se rend compte que la situation est grave et qu’il faut faire quelque chose. Il prend copie des attestations des fermiers et il nous dit qu’il va convoquer l’employé dès lundi, qu’il va écouter ses raisons et il nous donne rendez-vous à la ferme à Batad le 30. Il va convoquer tous les fermiers et il va leur expliquer les choses pour éviter que cette situation se reproduise.
De là nous rejoignons Liit à son bureau qui se trouve à quelques mètres de la Land Bank. J’en profite pour consulter mes mails et je l’aide, à scanner quelques photos pour leur réunion. Puis j’assiste à la répétition de danse. Nous ne sommes de retour à la maison que vers 22h.
Posté le 26.01.2008 par balikbayan
C’est l’anniversaire de Paul. Nous avons demandé à Maria de préparer des flans que nous lui apporterons en fin d’après midi.
Le soleil est de retour et les nuages commencent à disparaître. Un petit vent souffle et sèche la campagne. Demain matin nous devons rentrer à Iloilo, nous avons de nombreux rendez-vous. J’espère que la pluie va cesser définitivement et qu’à notre retour nous pourrons aller faire un tour dans les champs. Actuellement les chemins sont impraticables.
Le temps a été tellement mauvais que nous n’avons pas pu vraiment aller nous promener. J’en ai profité pour lire Da Vinci Code que je n’avais pas encore lu et le dernier livre qu’un de mes amis, François Baillon, vient de terminer et qu’il m’a donné quelques semaines avant notre départ.
Après déjeuner nous allons à l’école pour faire le point avec les institutrices. En ce qui concerne la salle informatique rien n’a évolué. Je sens qu’il va falloir réduire le nombre d’ordinateurs de 4 à 3 et utiliser l’argent ainsi économisé pour mettre la salle en conformité. Nous essayons de voir s’il n’y a pas moyen d’avoir une petite somme sur le budget de l’école. Et là nous apprenons que l’état ne donne aucun budget de fonctionnement et ne fournit que les tables et les chaises pour les enfants ainsi qu’un tableau noir. Toutes les fournitures nécessaires y compris la craie sont à la charge des enseignants. Ils doivent même fournir leur table et leur chaise .Si l’on ajoute à cela que le salaire d’un instituteur est de 8000 pésos par mois (130€) on comprend qu’elles préfèrent enseigner sans rien.
Devant ce dénuement nous établissons avec elles la liste du matériel minimum dont elles ont besoin et nous allons l’acheter et le rapporterons la semaine prochaine.
Pour faire rêver mes collègues enseignants voici les effectifs des classes de notre école élémentaire : Niveau 1 (5/6 ans) 30
Niveau 2 (6/7 ans) 54
Niveau 3 (7/8 ans) 45
Niveau 4 (8/9 ans) 44
Niveau 5 (9/10ans) 35
Niveau 6 10/11ans) 42
Posté le 26.01.2008 par balikbayan
Ce matin nous allons rendre visite à Liwanag. En chemin nous rencontrons 3 des femmes qui travaillent dans son atelier qui nous demandent de les emmener. Liwanag est déjà au travail avec celles qui sont arrivées. Les travaux avancent assez rapidement, les enfants de Liwanag sont assez désespérés, car ils ont du mal à se connecter à internet et à télécharger les devoirs que le CNED leur envoie. Ils craignent d’avoir des problèmes à leur retour. De là nous allons voir le jardin potager bio expérimental, les étudiants vendent leur production. Nous achetons quelques beaux concombres et des poivrons puis nous allons au marché acheter des fruits.
Dans l’après midi visite des fermiers, certains nous ont apporté du riz bio de montagne. Il y a 2 variétés différentes.
Ce soir il pleut encore et la saison des pluies devrait être terminée depuis décembre. Il fait même chaud et humide, les moustiques ont réapparu et quelques grenouilles se promènent sur l’herbe.
Posté le 26.01.2008 par balikbayan
Vers 10h nous allons à Sara où se trouve l’agence locale de la Land Bank. Nous demandons à parler au directeur. C’est une jeune femme, Maître qui nous reçoit aussitôt. Nous lui expliquons le problème et comprend aussitôt ce que les propos de cet employé a pu poser comme problèmes. Malheureusement cette personne ne dépend pas de son agence mais est détaché par l’agence régionale située à Iloilo. Elle nous propose d’appeler le directeur de l’agence régionale et de nous arranger un rendez-vous. Cinq minutes plus tard c’est chose faite, nous serons reçus jeudi prochain à 13h30.
Quelques informations sur la réforme agraire source de tous nos problèmes. La réforme agraire a été mise en place par Marcos. Le but était de nationaliser les terres de grands propriétaires qui pour la plupart étaient dans l’opposition et de redistribuer ces terres aux ouvriers agricoles afin de s’assurer de leur votes en sa faveur.
A la chute de Marcos, et pour ne pas se mettre à dos toute la population de petits agriculteurs (les Philippines est un pays à 70% agricole), la présidente Aquino n’a pas abolie la réforme agraire de Marcos mais l’a modifiée. Elle a proposé aux grands propriétaires de continuer ce partage des terres à travers une opération qui s’est appelée « Volontary Offer for Sale » ou VOS Les propriétaires qui désiraient se séparer de leurs terres pouvaient les vendre à l’état qui les leur rachetait en principe au prix du marché mais qui les leur réglait en deux fractions : 10% comptant et 90% en bons du trésor payables sur 10 ans avec un intérêt de 10% l’an. Puis ces terres étaient revendues aux petits paysans avec un échelonnement des paiements sur 20ans. Ceux qui avaient perdu leurs meilleures terres sous Marcos et à qui il ne restait plus que des terres difficilement exploitables et peu rentables acceptèrent ce marché. Ce que le gouvernement n’avait pas prévu c’est que 90% de ceux qui ont acquis ces terres sous cette forme n’ont pas pu honorer leur paiement et que leur reprendre les terres serait un suicide politique. Pour essayer de palier à cette situation la présidente actuelle Gloria Arroyo a rajouté à cette réforme un volet qui permet à ceux qui ont encore des terres de faire des ventes directes. Ainsi l’état n’est pas impliqué et c’est aux propriétaires d’essayer de récupérer l’argent des ventes.
Pour ce qui est de nous nous avons adopté la solution des ventes directes avec les petits agriculteurs leur consentant des facilités de paiement. Pour ceux qui ne pouvaient pas acheter nous avons mis en place un système de location des terres basé sur un rendement moyen. Depuis quelques années ce système marchait à peu près bien. Les personnes qui dans le cadre des VOS s’étaient inscrits sur nos terres comprenant que nous avions opté sur le système des ventes directes ont abandonné car ils savaient qu’ils devraient payer. Les terres ont donc été confiées à de jeunes agriculteurs et tout allait relativement bien. En avril dernier ce fameux employé de la Land Bank qui nous pose problème est allé voir tous les paysans et leur a dit que nos terres passaient sous le régime des VOS. Résultat les anciens candidats à l’acquisition des terres en VOS ont refait surface, ont réclamé les terres et ont empêché ceux qui les travaillaient de continuer les menaçant même de mort. Donc maintenant tout est à refaire ; il faut de nouveau se lancer dans une campagne d’information, déplacer des employés de la Land Bank pour expliquer aux gens que les informations qui leur ont été données étaient fausses. Et nous voilà repartis dans des problèmes que nous croyions définitivement réglés.
Il est 18h. La nuit vient de tomber et depuis une demi heure il n’y a plus d’électricité, on vient d’apprendre qu’un arbre est tombé sur la ligne qui alimente le village. Cela risque de durer jusqu’à demain matin ; heureusement que l’ordinateur a une autonomie de deux heures. Pour nous éclairer nous avons quelques bougies et une lampe frontale.
20h l’électricité est revenue, les choses ont été plus rapides que je ne le pensais.
Posté le 26.01.2008 par balikbayan
Aujourd’hui il pleut. Nous ne bougerons donc pas de la maison, de toute façon nous devons avoir des visites de nos fermiers. Jusqu’à midi personne à part Maryjame qui est venue nous voir avec le bébé qui devait naître d’un moment à l’autre lorsque nous sommes partis l’an dernier. Nous lui avons rapporté de France une petite salopette en jean et un ours en peluche. Il semble ravi.
Posté le 26.01.2008 par balikbayan
Ce matin lever à 4h30, nous devons amener Mari-O, la sœur de Marita, à l’arrêt du bus à Batad, elle rentre à Iloilo. De là nous passons chercher Liwanag et les enfants pour aller à Estancia acheter du poisson à l’arrivée des bateaux. C’est toujours un spectacle passionnant que ce marché de gros. Malheureusement il est de plus en plus difficile pour nous d’acheter là car les ventes se font en grosses quantités. D’habitude nous trouvons des pêcheurs qui vendent leur part de la pêche, aujourd’hui nous n’en trouvons qu’un et nous devons aller nous approvisionner au marché.
Au retour nous prenons le petit déjeuner chez Liwanag puis nous rentrons à la maison.
Dans l’après midi nous avons la visite de certains de nos fermiers. Nous apprenons qu’un employé de la banque nationale agricole leur a dit que nos terrains étaient pris par l’état dans le cadre de la réforme agraire et qu’ils ne devaient plus payer les loyers. Par contre il leur conseillait de faire des versements en vu de l’acquisition de ces terrains. Il leur a fait verser des sommes d’argent sans leur délivrer de reçus. Une nouvelle escroquerie, donc lundi nous devons aller à l’agence locale de la banque agricole où est supposé travailler cet employé dont nous avons le nom. Nous avons demandé aux fermiers de nous faire des attestations écrites afin d’essayer de coincer cet individu.
Dans la soirée il s’est mis à pleuvoir aussi restons nous tranquillement à la maison.
Posté le 24.01.2008 par balikbayan
En fin de repas nous avons eu la visite d’un tukô, sorte de gros lézard qui sort le soir lorsqu’il y a de lumière et qui vient manger les insectes attirés par la lampe. Les enfants ont été très amusés d’apprendre que lorsqu’il se colle à la peau d’un humain le seul moyen de l’en détacher est d’aller chercher un négrito qui vient pêter dessus.
Posté le 24.01.2008 par balikbayan
Vers 18h nous allons chercher nos invités. Tous apprécient mon repas. Eva me dit que c’est de plus en plus rare d’avoir l’occasion de manger du manok binakol préparé selon les règles c'est-à-dire cuit dans la noix de coco ou dans le bambou.
Posté le 24.01.2008 par balikbayan
Les noix de coco maintenant remplies cuisent lentement sur un feu de bois.
Maria a préparé des flans pour le dessert. Pour ceux qui voudraient la recette du manok binakol consulter les carnets de voyage 2006 (lundi 27 novembre)